La vie à bord du carré du Manguier
À peine arrivée sur Le Manguier, une sensation s’impose : celle d’un contraste presque irréel.
Dehors, l’immensité blanche, le silence, la banquise qui absorbe tout — le son, le temps, les distances.
Dedans, l’exiguïté chaleureuse du carré, ses couleurs vives, ses voix, ses odeurs de cuisine, ses rires qui résonnent contre les parois métalliques. Deux mondes qui se frôlent sans jamais se confondre.
Très vite, j’ai voulu saisir cette tension : l’extérieur infini et glacé, l’intérieur minuscule et vibrant.
Pour raconter ce confinement — un mot encore rare à l’époque — j’ai choisi la forme de petites vignettes, comme des éclats de vie. Des carrés serrés, des cadrages forts, un trait direct, sans retouches.
Chaque scène est dessinée sur le vif, sur tablette. Un geste rapide pour attraper l’essentiel : une scène du quotidien, un moment, un objet usuel.
Ces vignettes racontent la vie quotidienne, les micro-événements, les instants minuscules qui, mis bout à bout, composent cette expérience hors du monde.
Elles sont la mémoire de ce huis clos volontaire, de cette parenthèse givrée où l’on apprend à regarder autrement.



















